Etat confusionnel

Dernière mise à jour : Août 2021

Signes cliniques

Le tableau clinique associe :
–   désorientation temporo-spatiale ;
–   troubles de la conscience ;
–   troubles de la concentration ;
–   troubles de la mémoire.
Ces troubles, d’installation rapide (quelques heures ou jours), sont souvent fluctuants au cours de la journée.
Un état d’agitation, des idées délirantes, des troubles du comportement ou des hallucinations (surtout visuelles) peuvent s'y associer.

Conduite à tenir

La confusion mentale résulte pratiquement toujours d’une cause organique qu’il faut rechercher :
–   Infectieuse : méningite, paludisme sévère, encéphalite, septicémie, syphilis, sida, etc.
–   Métabolique : hyper/hypoglycémie, troubles électrolytiques, déficit en niacine (vitamine PP ou B3) ou thiamine (vitamine B1), etc.
–   Endocrinienne : dysthyroïdie
–   Neurologique : épilepsie, hypertension intracrânienne, traumatisme crânien, hémorragie méningée, tumeur cérébrale, etc.
Penser aussi à la prise d’un médicament pouvant provoquer un état confusionnel (analgésiques opioïdes, nombreux psychotropes, fluoroquinolones, etc.) ou à la prise d’une substance toxique (alcool ou drogue) ou bien au sevrage de ces substances.

Un état confusionnel impose une hospitalisation. 
– Traiter la cause sous-jacente.

– Fournir des soins de support (nutrition, hydratation, équilibre électrolytique) ; assurer une bonne diurèse.
– Veiller à ce que le patient ne reçoive que des médicaments adaptés à ses besoins.
– Traiter la douleur si nécessaire (voir Douleur, Chapitre 1).

– Assurer un environnement sensoriel adéquat : limiter l'éclairage et le bruit.

L’administration de diazépam peut aggraver l'état confusionnel. En cas d'agitation persistante, si une sédation est vraiment nécessaire, utiliser de l'halopéridol à faible dose, pour une courte période (7 jours ou moins) :
halopéridol PO : 0,5 à 1 mg 2 fois par jour
ou halopéridol IM : 0,5 à 1 mg, à renouveler si le patient est toujours agité 30 à 60 minutes après la première injection. Si nécessaire, administrer des doses supplémentaires toutes les 4 heures, sans dépasser une dose totale de 5 mg par jour.

En cas de confusion liée à un sevrage d’alcool (délirium tremens) :
–   Placer le patient en soins intensifs.
–   Administrer du diazépam IV : 10 à 20 mg 4 à 6 fois par jour, sous surveillance étroite, avec du matériel de ventilation à portée de main. L’objectif est d’obtenir une légère sédation sans provoquer de dépression respiratoire. Les doses et la durée du traitement sont adaptées en fonction de l’évolution clinique.
–   Ajouter de la chlorpromazine IM si nécessaire : 25 à 50 mg 1 à 3 fois par jour.
–   Hydrater par voie IV : 2 à 4 litres de chlorure de sodium 0,9% par 24 heures.
–   Administrer de la thiamine IM ou IV très lente (en 30 minutes) : 100 mg 3 fois par jour pendant 3 à 5 jours.
–   Surveiller les fonctions vitales et la glycémie.