2.3 Investigation initiale


Une fois l’alerte vérifiée, une visite de terrain doit être réalisée dans les 24 heures.

2.3.1 Préparation

Si possible, l’équipe d’investigation se compose d’un médecin ou infirmier et d’un logisticien et/ou technicien sanitaire. Chaque membre de l’équipe a un rôle défini en fonction de sa spécialité. Une personne expérimentée seule peut réaliser l’investigation s’il n’est pas possible de mobiliser rapidement 2 à 3 personnes. Il ne faut pas retarder une investigation parce qu’une équipe n’est pas complète.

Préparer du matériel pour le diagnostic (Annexe 1) et pour le traitement de quelques cas (Annexe 2).

Contacter les représentants locaux du Ministère de la Santé et de l’administration. Expliquer les raisons de la visite, demander autorisations et assistance : accès libre aux sites, personnes et données nécessaires à l’investigation.

Elargir si possible la visite aux villages et postes de santé voisins pour évaluer l’étendue du problème.

2.3.2 Investigation dans la(es) structure(s) de santé

– Examen clinique  (Section 2.4.1) et prélèvements de selles (Section 2.4.2) pour confirmer le diagnostic.

– Capacité immédiate de la structure à répondre aux besoins et qualité des soins :
• Nombre de lits (actuel et potentiel) ;
• Ressources humaines disponibles (médicaux et non-médicaux), expérience du personnel dans la prise en charge des cas ;
• Utilisation de la définition de cas et des protocoles de traitement standardisés ;
• Mesures de prévention et contrôle de l’infection (isolement, hygiène des mains, etc.) ;
• Stock de médicaments, matériel médical et logistique, chaîne d’approvisionnement ;
• Approvisionnement en eau (quantité et qualité, Annexe 17) ;
• Nombre de latrines et douches, systèmes d’élimination des déchets solides et eaux usées.

– Nombre actuel de cas et de décès dus au choléra et si possible, données sur les épidémies précédentes (ces données sont parfois disponibles au niveau central seulement).

– Accessibilité de la structure (emplacement, transport, sécurité, coûts des soins, etc.).

2.3.3 Investigation en dehors de la (des) structure(s) de santé

– Données démographiques locales (ces données sont parfois disponibles au niveau central seulement) ;

– Facteurs favorisant le développement de l’épidémie :
• Population très dense (camps de réfugiés, bidonvilles) ;
• Lieux de rassemblement (carrefours routiers, marchés, écoles et autres lieux très fréquentés) ;
• Sources d’eau de boisson potentiellement contaminées (puits non protégés, eaux de surface, vendeurs d’eau, etc.) ;
• Mauvaise qualité de l’eau (turbidité excessive et absence de chlore résiduel libre, voir Section 3.3.3 et Annexe 17) ;
• Défaut d’assainissement (défécation en plein air, latrines publiques mal entretenues, rupture de canalisations, etc.) ;
• Conditions climatiques actuelles (pluie, inondation, sécheresse, etc.).

– Présence, rôle et capacité des autres acteurs (autres organisations, associations, etc.).

Pour chaque lieu visité, réaliser une carte, indiquer l’emplacement des routes, habitations, structures sanitaires, sources d’eau (indiquer si elle sont traitées/protégées ou non), lieux de rassemblement.

2.3.4 Actions immédiates

– Si les patients sont en danger du fait d’un défaut :
• De matériel :
Les articles essentiels doivent être fournis pour faire face aux premiers cas : au minimum Ringer lactate (RL), cathéters, tubulures et autre matériel de perfusion (compresses, garrot, antiseptique, sparadrap), sels de réhydratation orale (et doxycycline pour les patients chez qui elle est indiquée).
• De prise en charge :
Le médecin ou infirmier de l’équipe d’investigation prend en charge les patients présents et forme rapidement le personnel en même temps.

– Isoler les cas suspects s’ils sont mélangés aux autres patients.

– Mettre en place un registre spécifique pour les cas de choléra s’il n’y en a pas sur place (Annexe 3).

Remarque : sachant que le choléra se déplace avec les populations, il est essentiel de rester réactif. Il est possible que d’autres investigations similaires soient nécessaires, à d’autres endroits, tout au long de l’épidémie.