2.6 Analyse des données


L’analyse des données collectées à ce stade permet de déterminer si une épidémie de choléra est en cours, d’estimer le risque d’extension, de déterminer le bénéfice potentiel d’une vaccination contre le choléra et d’évaluer les besoins en traitement.

2.6.1 Définir une épidémie

En général, une épidémie est définie comme une augmentation du nombre de cas de choléra par rapport au nombre attendu pour un lieu et une période donnée.

Dans les régions sans antécédents de choléra
L’apparition d’un ou plusieurs cas de diarrhée aqueuse aiguë correspondant à la définition de cas de choléra, ultérieurement confirmés par la culture, peut être considérée comme une épidémie.

Dans les régions où le choléra est connu
Le Ministère de la Santé a généralement une définition d’épidémie de choléra pour le pays.
Sinon, la définition peut être établie à l’aide des données actuelles et/ou historiques :
– En l’absence de données historiques : dans un lieu donné, un doublement du nombre de cas correspondant à la définition d’un cas clinique de choléra pendant 2 à 3 semaines consécutives peut définir une épidémie ;
– Si des données des années précédentes sont disponibles (pour la même période calendaire et le même lieu) : calculer le nombre moyen de cas attendus par semaine pendant les périodes non-épidémiques. Une augmentation de la moyenne hebdomadaire des cas par rapport à la moyenne en période non épidémique indique qu’une épidémie est en cours.

Dans tous les cas, la déclaration définitive d’une épidémie1  dépend de la mise en évidence de Vibrio cholerae dans les selles par la culture.

2.6.2 Estimer la sévérité de l’épidémie

Evaluer le niveau de risque auquel est exposée la population en termes de morbidité, mortalité, potentiel d’extension de l’épidémie.

Les facteurs de risque2 à prendre en compte sont :
Antécédent d’épidémie(s) avec taux d’attaque élevé ou taux de létalité élevé ou épidémie(s) très étendue(s).
– Aucune épidémie dans les 2-3 années précédant celle-ci (diminution de l’immunité naturelle contre l’infection précédente).
– Présentation différente par rapport aux épidémies antérieures : apparition avant la saison habituelle, apparition de foyers dans des zones jusque-là indemnes, grand nombre de cas d’emblée, extension géographique rapide ou éclosion de foyers multiples.
– Survenue de cas dans une population dense (bidonvilles, camps de réfugiés, p.ex.) ou mobile, provenant de zones sans choléra (pas d’immunité naturelle) ou au contraire de zones endémiques (introduction du vibrion par des porteurs asymptomatiques).
– Conditions climatiques hors normes (p.ex. pluies intenses, grande sécheresse).
– Perturbation du système d’eau et d’assainissement, difficulté d’accès aux soins, manque de personnel pour faire face à l’épidémie en raison d’un effondrement de l’économie, d’une catastrophe naturelle, d’un conflit, etc.

La probabilité que l’épidémie soit sévère augmente avec l’accumulation des facteurs de risque.

2.6.3 Evaluer le bénéfice potentiel de la vaccination

La vaccination contre le choléra en réponse à une épidémie demande une analyse rapide des données épidémiologiques actuelles et historiques pour évaluer le bénéfice possible d’une vaccination réactive et faire une demande auprès du Groupe International de Coordination pour l’approvisionnement en vaccins si cette campagne est présumée utile et faisable (Section 3.6 et Section 4.6).



Footnotes
Ref Notes
1

Ce sont en principe les autorités nationales qui déclarent officiellement une épidémie (et la fin d’une épidémie) dans un pays.