3.2 Détection et prise en charge des cas

3.2.1 Définition clinique standardisée d’un cas de choléra

Le diagnostic du choléra est basé sur une définition clinique standardisée. Une fois établie, cette définition est la même sur l’ensemble du territoire et pendant toute la durée de l’épidémie.

La définition d’un cas de choléra proposée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS)1 est la suivante :

Définition d’un cas de choléra (OMS)

Dans une zone où une épidémie de choléra est déclarée : toute personne qui présente une diarrhée aqueuse aiguë ou meurt d’une diarrhée aqueuse aiguë1 .


La définition de cas doit être diffusée à tous les échelons (hôpitaux, centres et postes de santé, etc.) et aux agents de santé communautaires pour améliorer la détection des cas.

3.2.2 Mise en place de structures de traitement du choléra

Le traitement est réalisé dans des structures spécialement organisées pour traiter le choléra. On distingue 3 types de structures :

Centre de traitement du choléra (CTC)

Le CTC est la structure d’hospitalisation la plus centrale du dispositif de prise en charge des cas et la plus importante en termes de volume de patients traités (à titre indicatif, 50 à 200 lits2 ).
Un CTC fonctionne 24 heures sur 24 et prend en charge tous types de patients : cas sévères traités par voie intraveineuse et cas moins sévères traités par voie orale.
Les patients nécessitant un suivi étroit (p.ex. femmes enceintes ou nourrissons) sont de préférence traités dans les CTC.
Le CTC est donc à la fois :
– Une structure de référence pour les cas venant de la périphérie,
et
– Une structure de proximité pour les personnes qui vivent aux alentours du CTC, quelle que soit la sévérité de leur maladie.

Unité de traitement du choléra (UTC)

L’UTC est une structure d’hospitalisation, souvent décentralisée, plus petite et plus légère que le CTC (à titre indicatif, moins de 30 lits), fonctionnant 24 heures sur 24, pour traiter les patients sous traitement intraveineux ou oral.

Point de réhydratation orale (PRO)

Les PRO sont de petites structures ambulatoires décentralisées qui fonctionnent uniquement pendant la journée (à titre indicatif, 8 à 12 heures/jour).

Ils sont principalement conçus pour :

  1. Fournir le traitement oral : environ 70% des patients ont une diarrhée mineure ou modérée et nécessitent un traitement per os uniquement. Un traitement oral précoce permet d’éviter l’apparition ou l’aggravation d’une déshydratation qui imposerait une hospitalisation.
  2. Etre des points de transfert vers les CTC ou UTC pour les cas graves ou compliqués.

Les PRO ne sont pas en principe destinés à fournir des soins aux cas sévères. Toutefois, selon le contexte (p.ex. en milieu isolé ou temps de transport particulièrement long) et les ressources humaines disponibles (présence d’un infirmier), ils peuvent être organisés pour stabiliser des cas sévères (pose d’une perfusion) en attendant un transfert vers le CTC ou l’UTC du secteur.

Le type, le nombre et l’emplacement des structures de traitement à déployer en réponse à l’épidémie dépend du nombre de cas attendus et de lits nécessaires (Section 2.7), de la capacité de réponse des structures de santé existantes et des organisations partenaires et du contexte général (p.ex. milieu urbain ou rural, camp de réfugiés) dans laquelle l’épidémie survient (Chapitre 4).

Pour la mise en place d’un CTC, UTC ou PRO, se référer aux Chapitre 4 et Chapitre 6.
Pour la prise en charge médicale des patients, se référer au Chapitre 5.



Footnotes
Ref Notes
1

Définie comme l’émission de 3 selles liquides ou plus par jour, avec ou sans déshydratation.

2

Un CTC ne devrait pas dépasser les 200 lits, au-delà il devient très difficile à gérer.