3.5 Assainissement

3.5.1 Gestion des excrétas

Les porteurs symptomatiques et asymptomatiques perdent, pendant plusieurs jours, un grand nombre de vibrions dans les selles (Section 1.1.4). Par conséquent, la défécation à ciel ouvert ou près (ou dans) d’une source d’eau potable ou des latrines mal construites, mal placées ou mal entretenues, augmentent le risque de contamination, en particulier pendant la saison des pluies.

Lorsqu’il existe une forte concentration de population et peu ou pas de latrines, des mesures d’urgence doivent être prises en fonction du contexte et des habitudes de la population (voir aussi Section 4.6.3) :

– Aires (ou champs) de défécation
Il s’agit d’une solution à très court terme (premiers jours) surtout adaptée aux climats chauds et secs, lorsqu’il y a suffisamment d’espace pour les aménager et qu’elles sont acceptables pour la population.

– Tranchées de défécation (ou feuillées)
Les tranchées de défécation demandent moins d’espace et permettent de mieux contenir les matières fécales (les selles sont recouvertes par la terre déposée le long de la tranchée).

– Défécation dans des sacs en plastique
Cette option est envisageable uniquement dans certaines conditions : mise en place d’un système de distribution de sacs spécialement conçus pour cet usage (biodégradables, usage unique, de taille adaptée), campagne d’information pour leur utilisation correcte, système efficace et sécurisé de collecte, transport et élimination des sacs par enfouissement sur un site approprié.

Ces solutions provisoires doivent être rapidement remplacées par des dispositifs moins rudimentaires : tranchées améliorées, latrines à fosse simple, latrines améliorées (publiques, partagées ou privées), etc.

Remarque : les lieux de défécation doivent être équipés de points de lavage des mains constamment entretenus et réapprovisionnés.

Pour plus d’informations, se référer au guide Technicien sanitaire en situations précairesMSF.

3.5.2 Gestion des eaux usées

Protection contre la contamination croisée

Les eaux usées domestiques contaminées par des matières fécales humaines peuvent entrer en contact direct avec l’eau potable et provoquer des épidémies d’origine ponctuelle.

Ces épidémies sont souvent dues à des fuites provenant des égouts ou de fosses septiques ou à la vidange de fosses septiques qui contaminent les réseaux d’eau potable. Ces réseaux fonctionnent souvent par intermittence, ce qui permet aux eaux usées de pénétrer dans les canalisations défectueuses durant les périodes où le système n’est plus sous pression.

Il est impératif de déterminer l’origine de la contamination pour l’interrompre (réparation des canalisations, p.ex.) et de désinfecter les réseaux d’eau potable pollués par les fuites.

Drainage des eaux usées stagnantes

Les eaux usées non drainées sont une source permanente de contamination de l’environnement. Elles s’accumulent naturellement dans les zones situées en contrebas ou le long des côtes où elles sont difficiles à évacuer. Le phénomène peut être aggravé dans les zones urbaines par le rejet des eaux usées domestiques par les ménages, l’absence ou l’obstruction des canalisations et, pendant la saison des pluies, une augmentation du niveau de l’eau.

Il n’y a généralement pas de solution rapide à ces situations, du fait de l’ampleur du problème, de la complexité technique des interventions, du temps et des ressources nécessaires et du caractère souvent illégal de l’occupation des sols (dans les bidonvilles, p.ex.).

Pour plus d’informations, se référer au guide Technicien sanitaire en situations précairesMSF.