4.5 Dispositif de prise en charge en zone rurale


En milieu rural, la population est dispersée sur un vaste territoire, en de nombreuses petites communautés souvent difficiles à atteindre du fait de problèmes de transport.
De plus, il y a moins de ressources (structures de traitement et personnel médical) pour traiter les patients.
Les difficultés d’accès au traitement sont encore plus importantes lorsque l’épidémie s’étend à des zones situées bien au-delà de la zone couverte par les structures de traitement existantes.

4.5.1 Prise en charge en structures de traitement

Lorsqu’une épidémie touche un village et les hameaux environnants dans un rayon d’environ 5 à 10 kilomètres, un CTC ou une UTC central(e) appuyé(e) par quelques PRO suffit. Une équipe multidisciplinaire peut mettre en place le dispositif.

Certaines épidémies s’étendent toutefois très rapidement et un CTC unique, entouré de PRO et UTC, ne permet pas de répondre aux nombreuses alertes dans les populations nouvellement touchées.
Les structures de traitement doivent être plus nombreuses et plus temporaires. Il est préférable de mettre en place des UTC (plutôt que des CTC) et/ou des PRO ayant si possible la capacité de traiter 1 ou 2 patients souffrant de déshydratation sévère.
Dans ce contexte, la stratégie de déploiement des équipes doit être différente, avec des petites équipes mobiles restant réactives en cas de nouvelles alertes et capables de couvrir un vaste territoire.
Les équipes peuvent être organisées de la façon suivante :
– Au moins 2 équipes multidisciplinaires mobiles sont disponibles pour répondre aux alertes, réaliser l’investigation initiale sur place, installer le site, former le personnel local, organiser la collecte des données, effectuer la dotation en matériel et médicaments et réaliser les premiers traitements. L’équipe peut rester sur place (ou revenir chaque jour) jusqu’à ce que la structure soit capable de fonctionner de manière autonome. Des visites de supervision fréquentes sont nécessaires pour renforcer la formation, assurer un niveau de stock adéquat et collecter les données.
ou
– Des équipes spécialisées se succèdent pour réaliser une mission précise en un temps imparti avant de se déplacer sur un autre site :
• L’équipe d’investigation (médecin ou infirmier et logisticien ou spécialiste en eau et assainissement) répond aux nouvelles alertes et évalue la situation et les besoins à un endroit donné. Elle doit être capable de mettre en place un PRO de base si l’évaluation détermine qu’un PRO est suffisant.
• L’équipe d’intervention (médecin ou infirmier, logisticien et/ou spécialiste en eau et assainissement et si nécessaire une personne assurant un support administratif) est déployée pour établir une UTC ou un PRO en assurant la dotation en matériel et médicaments, la prise en charge des premiers cas, la gestion et la formation du personnel, la mise en place du registre des cas de choléra.
• L’équipe de supervision et approvisionnement (infirmier et logisticien ou spécialiste en eau et assainissement) circule parmi les structures pour recueillir les données, évaluer la qualité des opérations (soins, traitement de l’eau, etc.), renforcer la formation et assurer l’approvisionnement des structures en matériel et médicaments.

En cas d’épidémie de grande envergure, les intervenants peuvent se trouver dans l’incapacité de répondre aux besoins de toutes les populations affectées. Les patients doivent alors parcourir de longues distances pour atteindre un CTC ou une UTC. Pour les patients qui se déplacent sur les grands axes, des « PRO relais » peuvent être mis en place à intervalles réguliers1 . Les PRO relais ne sont pas des PRO classiques mais des points de ravitaillement (comme pour les courses d’endurance) où les patients peuvent boire de la SRO et en emporter pour boire pendant le trajet. Il s’agit d’éviter qu’une déshydratation sévère empêche le patient d’atteindre la structure de traitement ou que le patient meure de déshydratation au cours de trajet. Les PRO relais sont tenus par des agents de santé communautaires ou des volontaires formés.

4.5.2 Prise en charge communautaire

La distribution de sachets de SRO aux populations isolées permet de rendre le traitement accessible même en l’absence de structures de traitement du choléra. Elle peut être faite à partir de points de distribution fixes ou porte-à-porte. Une seule personne doit être désignée pour la distribution, p.ex., un agent de santé communautaire ou le chef de village.
La distribution doit être accompagnée d’instructions pour savoir quand utiliser la SRO et comment la préparer, l’administrer et la conserver.

Il est possible de profiter de ces distributions pour fournir du savon ou des produits pour désinfecter l’eau. Toutefois, si un agent chimique pour la désinfection de l’eau est distribué en même temps que les sachets de SRO, il faut prendre en compte le risque de confusion entre les deux produits utilisés au domicile.



Footnotes
Ref Notes
1

Les PRO relais sont distribués par exemple tous les 3-4 kilomètres ou à une heure de marche du suivant.