7.8 Gestion des décès

7.8.1 Investigation des décès

Un décès survenu dans un CTC ou une UTC doit être constaté par le médecin du service ou de garde ou le coordinateur, le plus rapidement possible après sa survenue.

Tout décès demande une investigation. Elle consiste à analyser rapidement le dossier du patient, les conditions de prise en charge et le contexte du décès. Elle doit établir la cause probable du décès et déterminer si le décès était ou non évitable (Section 8.4.8).

7.8.2 Enregistrement des décès

Toute personne qui meurt dans une structure de traitement, alors qu’elle est arrivée en vie, doit être enregistrée à la fois comme un cas et comme un décès, même si le décès survient dans les minutes qui suivent l’arrivée, même si le patient meurt d’une maladie associée (p.ex. paludisme).
Les personnes décédées du choléra avant leur arrivée dans la structure de traitement ne sont pas comptabilisées comme des décès dans la structure mais enregistrées séparément comme « décès communautaires ».
Le coordinateur du CTC doit s’informer chaque jour du nombre de décès.

7.8.3 Préparation des corps

Une fois le décès constaté, le corps est transporté à la morgue le plus rapidement possible. La préparation des corps ne doit pas se faire dans le service (et en tous cas, jamais devant les patients).

La toilette mortuaire est réalisée à l’aide d’une solution chlorée à 2%, appliquée sur le corps à l’aide d’une éponge. Ne pas utiliser les pulvérisateurs pour « désinfecter » les corps.

Le corps est placé dans un sac mortuaire étanche avec deux alèses jetables (l’une placée sous la tête, l’autre sous les fesses) pour absorber d’éventuelles fuites digestives. Le sac est fermé jusqu’à l’enterrement ou la crémation, qui doit avoir lieu le plus rapidement possible.

Si le corps ne peut être enterré dans les 24 heures, l’obstruction des orifices naturels (viscère creux digestifs c.-à-d. bouche et anus5) avec du coton peut être envisagée. Cette technique permet de limiter les fuites digestives mais ne doit pas être utilisée en routine. L’obstruction des orifices doit être réalisée par du personnel de soins (aides-soignants en général) ou des agents spécifiquement formés. Elle doit être évitée si elle n’est pas indispensable ou acceptable pour la population ou si le personnel n’est pas formé à cette pratique.

Le personnel assurant la préparation des corps doit porter un équipement de protection individuelle (Section 7.5.3) et se laver soigneusement les mains après l’opération.