12.1 Avant l’avortement


Ce chapitre concerne uniquement l’interruption volontaire de grossesse (IVG) intra-utérine évolutive jusqu’à 12 à 14 semaines d’aménorrhée.

Au-delà de 14 semaines d’aménorrhée, les conditions de réalisation et la prise en charge ne sont pas identiques ni décrites dans ce guide.

12.1.1 Information et counseling

La décision d’interrompre la grossesse appartient à la patiente. Son choix doit être respecté, sans porter aucun jugement. Le rôle du personnel soignant est de lui permettre de prendre une décision éclairée et de lui fournir des soins de bonne qualité dans un environnement sécurisé.

L’IVG doit être précédée d’un entretien qui permet :
– D’écouter la patiente : raisons de la demande d’IVG, situation, besoins et inquiétudes.
– De discuter des alternatives éventuelles à l’IVG : poursuite de la grossesse ou enfant confié à l’adoption.
– De l’informer des méthodes : description, avantages et inconvénients, suites.
– De discuter d’une contraception : méthodes disponibles, choix d’une méthode appropriée après l’IVG ; se référer au Chapitre 11, Section 11.5.

Le personnel est tenu au respect de la confidentialité de l’entretien, des examens et de l’intervention.

Le consentement de la patiente à l’avortement doit être clairement exprimé.

12.1.2 Interrogatoire et examen

(y compris palpation abdominale, examen bi-manuel et au spéculum)

– Si nécessaire, réaliser un test de grossesse pour confirmer la grossesse.
– Estimer l’âge gestationnel (date des dernières règles, hauteur utérine) ; si nécessaire, confirmer l’âge gestationnel et la localisation de la grossesse par échographie.
– Rechercher (et traiter le cas échéant) les problèmes actuels : infection sexuellement transmise (écoulement vaginal anormal, etc.), saignement vaginal, douleurs pelviennes, fièvre, anémie, etc.
– Rechercher les antécédents pouvant contre-indiquer la méthode médicamenteuse ou chirurgicale ou certaines méthodes contraceptives pour la période qui suivra l’avortement.
– Dans les rares situations où un dispositif intra-utérin est en place, le retirer avant de procéder à l’avortement.

12.1.3 Choix d’une méthode

Il existe deux méthodes : médicamenteuse et chirurgicale. Chacune des deux méthodes présente des avantages et des inconvénients.

Tableau 12.1 - Comparaison entre méthode médicamenteuse et chirurgicale


Méthode médicamenteuse

Méthode chirurgicale

Avantages

• Méthode non invasive.
• Risque infectieux faible.

• Résultat immédiat.
• Pas de contre-indication absolue.
• Possibilité d’insérer un dispositif intra-utérin dans le même temps, à la fin de la procédure.

Inconvénients

• Pas de résultat immédiat ; nécessite une consultation de contrôle pour vérifier l’expulsion.
• Douleurs (coliques expulsives) et saignements abondants le temps de l’expulsion.
• Saignements souvent plus prolongés qu’après une aspiration.
• Aspiration nécessaire en cas d’échec*.

• Méthode invasive.
• Risque (faible) de perforation ou plaie cervicale.
• Nécessite une antibioprophylaxie.

*  c.-à-d. persistance d’une grossesse évolutive, dans moins de 1% des cas avec l’association mifépristone + misoprostol.

Les éléments à prendre en compte dans le choix de la méthode sont : la préférence de la patiente, les contraintes liées au contexte (p.ex. possibilité de revenir pour une visite de suivi), les contre-indications spécifiques de chaque méthode, l’expérience de l’opérateur.