4.4 Infections virales


Pour les signes cliniques et le diagnostic, se référer au Guide clinique et thérapeutique, MSF.

4.4.1 Herpès génital

En présence de lésions maternelles visibles au moment de l’accouchement :

– Limiter les touchers vaginaux ; pas de rupture artificielle des membranes.

– Discuter une césarienne au cas par cas.

– Chez la mère :
• Traitement de la douleur : paracétamol PO, 1 g 3 fois/jour
• Traitement antiviral : aciclovir PO, 400 mg 3 fois/jour pendant 7 jours
Chez les patientes immunodéprimées, poursuivre le traitement jusqu’à disparition des symptômes.
• Un traitement prophylactique (aciclovir PO : 400 mg 2 fois/jour) à partir de 36 SA et jusqu’à l’accouchement peut être proposé pour réduire le risque de récurrence herpétique à l’accouchement.

– Pour le traitement du nouveau-né, se référer au Chapitre 10, Section 10.4.3.

4.4.2 Varicelle

Il existe un risque de pneumopathie varicelleuse grave chez la mère et de varicelle grave chez le nouveau-né.

L’aciclovir PO administré le plus rapidement possible après l’apparition du rash (800 mg 5 fois/jour pendant 7 jours) peut réduire ces risques7.

4.4.3 Hépatite

Hépatite B

En l’absence d’intervention, la transmission materno-foetale du virus de l'hépatite B (VHB) est élevée (jusqu’à 90%).

– Chez la mère : pas de traitement spécifique ni de mesures obstétricales particulières.

– Chez l’enfant : la vaccination contre l’hépatite B dans les heures qui suivent la naissance prévient 70 à 95% des infections. La vaccination est systématique (Chapitre 10, Section 10.1.8), que le statut sérologique de la mère soit positif ou inconnu. Chez les enfants nés de mère VHB-positive, la vaccination combinée à l’administration de l’immunoglobuline anti-hépatite B, si disponible (dans les 12 heures qui suivent la naissance), prévient 85% à 95% des infections8.

Hépatite E

L’hépatite E est caractérisée par une létalité très importante chez la femme enceinte (20% au cours du troisième trimestre). Elle est également responsable d’avortement, accouchement prématuré, mort foetale in utero.

La transmission du virus est oro-fécale (eau de boisson contaminée principalement). Le virus peut être à l’origine d’épidémie, en particulier dans les situations de regroupement (réfugiés, déplacés), lorsque l’hygiène et l’assainissement sont médiocres.

Le traitement est uniquement symptomatique (hydratation, éviction des médicaments hépato - toxiques). La prévention (eau, hygiène, assainissement) est la seule protection contre la maladie.

4.4.4 Infection par le HIV

La transmission du HIV de la mère à l’enfant peut survenir pendant la grossesse, le travail, l’accouchement et la période d’allaitement. En l’absence d’interventions, le risque de transmission est de 15 à 25% et de 20 à 45% si l’enfant est allaité9. Il est possible de réduire ce risque à moins de 5%.

Soins ante-partum

Toutes les femmes enceintes infectées par le HIV nécessitent un traitement antirétroviral quel que soit le compte de CD4 et quel que soit le stade clinique. Le traitement est débuté le plus tôt possible, quel que soit l’âge gestationnel. Il est poursuivi pendant toute la grossesse.

Soins per-partum

– Proposer un test HIV à l’admission si le statut sérologique est inconnu.

– Administrer le traitement antirétroviral dès le début du travail et pendant le travail : se référer aux guides spécifiques de Prévention de la Transmission Mère-Enfant (PTME).

– Observer les précautions standard pour éviter tout contact avec le sang et autres liquides biologiques.

– Eviter :
• le travail prolongé ;
• la rupture prolongée des membranes ;
• la rupture artificielle précoce des membranes ;
• les procédures invasives telles que l’épisiotomie ou l’extraction instrumentale. Cependant, elles doivent être réalisées si elles sont nécessaires pour extraire l’enfant.

– Les critères d’induction du travail sont les mêmes que pour les femmes HIV négatives.

– Clamper immédiatement le cordon.

– Administrer au nouveau-né un traitement prophylactique antirétroviral immédiatement après la naissance.

– La prévention et le traitement de l’hémorragie de la délivrance sont les mêmes que pour les femmes HIV négatives. Toutefois, l’ergométrine et la méthylergométrine ne doivent pas être utilisées chez les femmes recevant des antirétroviraux, sauf si les alternatives (oxytocine ou misoprostol) ne sont pas disponibles. Dans ce cas, et si la nécessité d'un traitement pharmacologique l’emporte sur les risques, l'ergométrine/méthylergométrine doivent être utilisées à la plus faible dose possible et pour une courte durée.

Soins post-partum

– Proposer le test HIV si le statut sérologique n’a pas été déterminé en pre- ou per-partum.
– Poursuivre le traitement antirétroviral chez la mère, au minimum pendant l’allaitement, ou à vie, selon la situation.
– Chez l’enfant : se référer aux guides spécifiques de PTME pour le traitement prophylactique antirétroviral.