4.2 Infections bactériennes


Pour les signes cliniques et le diagnostic, se référer au Guide clinique et thérapeutique, MSF.

En plus de traitement de l'infection, administrer du paracétamol PO (1 g 3 fois par jour) si la température axillaire est ≥ 38,5 °C.

4.2.1 Syphilis

La syphilis expose à un risque d’avortement, mort in utero, retard de croissance intra-utérin, accouchement prématuré, hydramnios, syphilis congénitale.

– Chez la mère :
benzathine benzylpénicilline IM1  : 2,4 MUI par injection (répartir la dose dans les deux fesses)
Syphilis précoce (primaire, secondaire, ou latente datant de moins de un an) : une dose unique
Syphilis latente tardive (syphilis latente datant de un an ou plus ou de durée inconnue) : une injection par semaine pendant 3 semaines2
Administrer le même traitement au(x) partenaire(s).

Remarque : une réaction de Jarisch-Herxheimer peut se produire après la première dose de pénicilline, en cas de syphilis précoce en particulier. La patiente présente un ou plusieurs des signes suivants : fièvre d’apparition brutale, frissons, myalgies, tachycardie, rougeur de la face, exacerbation de l’éruption cutanée ou légère hypotension, habituellement dans les 2 à 5 heures qui suivent l’injection. Le traitement est symptomatique (paracétamol PO : 1 g toutes les 6 heures). La réaction est le plus souvent modérée mais une réaction sévère est possible3.

Uniquement en cas d’allergie à la pénicilline, utiliser érythromycine PO : 500 mg 4 fois par jour pendant 14 jours (syphilis précoce) ou 30 jours (syphilis latente tardive). L’efficacité de l’érythromycine à tous les stades de la syphilis et sa capacité à éviter les stigmates de la syphilis congénitale sont fortement mises en doute et de nombreux échecs sont signalés.

– Pour le traitement du nouveau-né, se référer au Chapitre 10, Section 10.4.1.

4.2.2 Gonococcie génitale

La gonococcie expose à un risque de rupture prématurée des membranes, accouchement prématuré, conjonctivite néonatale sévère.
Elle est très souvent associée à une chlamydiose, en général asymptomatique.

– Chez la mère :
Traiter simultanément le gonocoque et le chlamydia4 :
ceftriaxone IM : 250 mg dose unique (ou, si la ceftriaxone n’est pas disponible, céfixime PO : 400 mg dose unique)
+
azithromycine PO : 1 g dose unique
Administrer le même traitement au(x) partenaire(s).

– Pour le traitement du nouveau-né, se référer au Chapitre 10, Section 10.4.2.

4.2.3 Infections urinaires (y compris bactériurie asymptomatique)

La bactériurie asymptomatique et la cystite exposent à un risque de pyélonéphrite et d'accouchement prématuré si elles ne sont pas traitées.

Bactériurie asymptomatique

La bactériurie asymptomatique est définie par la présence de leucocytes et de nitrites dans les urines, sans symptômes urinaires.
En cas de leucocytes seuls, renouveler le test après toilette vulvaire à l’eau et au savon. Si des leucocytes seuls sont toujours détectés, considérer qu’il s’agit d’une bactériurie asymptomatique et traiter comme une cystite aiguë.

Cystite aiguë

La cystite est définie par la présence de symptômes urinaires et de leucocytes et/ou nitrites dans les urines.
Antibiothérapie pour une cystite aiguë :
fosfomycine-trométamol PO : 3 g dose unique ou céfixime PO : 200 mg 2 fois par jour pendant 5 jours
Informer la patiente que les symptômes doivent disparaître dans les 2 à 3 jours et lui demander de reconsulter dans le cas contraire.
Conseiller de boire 1,5 litre d'eau par jour.

Pyélonéphrite aiguë

La pyélonéphrite aiguë peut évoluer vers une septicémie maternelle et provoquer un accouchement prématuré. Un traitement précoce permet de prévenir ces complications.

– Rechercher des signes de gravité (sepsis ou choc septique, déshydratation) ou complications (obstruction des voies urinaires, abcès rénal) ou risque de complications (anomalie organique ou fonctionnelle de l'appareil urinaire (lithiase, malformation, etc.), immunodépression grave. 
– Hospitaliser. Repos au lit.
– Boissons abondantes : 1,5 litre d'eau par jour.
– Antibiothérapie :
• Pyélonéphrite sans signes de gravité ni complications :
Débuter avec ceftriaxone IM ou IV lente (3 minutes)2 : 1 g une fois par jour puis prendre le relais par voie orale après 24 à 48 heures d'apyrexie avec :
amoxicilline/acide clavulanique PO (dose exprimée en amoxicilline) pour compléter 10 à 14 jours de traitement
Rapport 8:1 : 2000 mg par jour (2 cp à 500/62,5 mg 2 fois par jour)
Rapport 7:1 : 1750 mg par jour (1 cp à 875/125 mg 2 fois par jour)
ou
céfixime PO : 200 mg 2 fois par jour pour compléter 10 à 14 jours de traitement

• Pyélonéphrite sévère ou compliquée ou d’absence d’amélioration clinique après 24 heures de traitement :
ceftriaxone IV lente (en 3 minutes) ou perfusion IV (en 30 minutes)2 : 1 g une fois par jour puis relais par voie orale avec amoxicilline/acide clavulanique PO ou céfixime PO comme ci-dessus
+ gentamicine IM ou IV lente (3 minutes) : 5 mg/kg une fois par jour pendant les 3 premiers jours du traitement
– En cas de menace d'accouchement prématuré, se référer à la Section 4.10.



Footnotes
Ref Notes
1

Seule la voie IM peut être utilisée. Afin de réduire la douleur au cours de l’injection, la poudre peut être reconstituée avec 8 ml de lidocaïne à 1% (sans épinéphrine).

2 Le solvant de la ceftriaxone pour injection IM contient de la lidocaïne. Reconstituée avec ce solvant, la ceftriaxone ne doit pas être administrée en IV. Pour l’administration IV, utiliser uniquement de l’eau pour préparation injectable. [ a b ]