13.1 Délivrance du traitement et accompagnement du patient


On parle de bonne adhérence lorsque le patient suit le traitement tel qu’il lui a été prescrit. Le suivi inadéquat ou irrégulier ou l’interruption prématurée du traitement antituberculeux peut entraîner un échec thérapeutique ou une rechute et contribuer au développement de résistances qui compliquent les traitements ultérieurs et réduisent les chances de guérison1.

Dans certains cas, le traitement est administré sous observation directe de la prise des médicaments par un tiers (Directly observed therapy ou DOT)2 mais ce système est contraignant pour le patient et lourd à gérer pour le centre de traitement. Il n’a pas amélioré les résultats par rapport au traitement auto-administré au cours d’essais contrôlés3.

Par conséquent, s’il n’existe pas de facteurs de risque d’interruption de traitement, celui-ci peut être auto-administré si le patient bénéficie d’un soutien adéquat (Section 13.3).

Dans le domaine de la TB et d’autres maladies chroniques, l’expérience a montré qu’avec un encadrement et un soutien solide, de bons résultats thérapeutiques peuvent être obtenus chez les patients qui s’administrent eux-mêmes leur traitement.

Le respect des instructions et prescriptions (doses et horaires de prise des médicaments, durée du traitement, assiduité aux consultations, etc.) ne peut se maintenir tout au long du traitement sans une implication importante du patient. Il est essentiel que le patient l'ait compris et que le service de soins soit organisé de manière à ce qu’il puisse suivre correctement le traitement jusqu'à son terme.

Les situations dans lesquelles la DOT est indispensable sont :
– Traitement de deuxième ligne : les médicaments sont mal tolérés et le traitement de la TB multirésistante (TB-MR) impose la prise d’une quantité importante de comprimés sur une longue période. L’omission de doses peut amplifier la résistance avec des conséquences fatales pour le patient. Pour toutes ces raisons, un DOT strict est recommandé pendant toute la durée du traitement.
– Traitement de première ligne :
• Patients chez qui l’adhérence pose un problème en raison de troubles mentaux ou de difficultés sociales majeures (p.ex. sans abris) et tous les patients dans l’incapacité de suivre leur traitement eux mêmes ;
• Prisonniers : risque de trafic ou vol des médicaments.