13.2 Facteurs influençant l’adhérence

Voir référence 2


Plusieurs facteurs —liés au patient, au traitement ou à l’environnement thérapeutique— peuvent influer sur l’adhérence. S’il n'est toujours pas possible d’agir sur chacun de ces facteurs, en particulier ceux liés au patient, il est au moins possible d’agir sur les facteurs liés au traitement et à l’environnement thérapeutique.

13.2.1 Facteurs liés au patient

– Facteurs sociaux, p.ex. avoir un emploi, un domicile, recevoir un soutien (familial ou autre), être stigmatisé, marginalisé ;
– Facteurs psychologiques, p.ex. sentiment de découragement ;
– Compréhension et perception de la maladie et du traitement : un patient peut poursuivre ou abandonner son traitement parce qu’il perçoit ou non une amélioration. Il peut aussi avoir du mal à prendre part à son traitement s’il attribue sa maladie à une cause surnaturelle, etc.

Les difficultés individuelles sont à aborder lors des consultations. Les solutions dépendent du contexte et du problème du patient, elles sont à rechercher au cas pas cas.

13.2.2 Facteurs liés au traitement

– La simplicité du traitement améliore l’adhérence. L’utilisation d’association à dose fixe (ADF) simplifie le traitement en réduisant le nombre de comprimés. De plus, les ADF évitent que le patient ne prenne qu’une partie du traitement prescrit.
– Les patients interrompent souvent leur traitement à cause de ses effets indésirables. Il est essentiel de les détecter et de les prendre en charge rapidement.

Pour la TB pharmacorésistante, un accompagnement quotidien est nécessaire en raison du nombre élevé de comprimés à prendre chaque jour, de l’absence d’ADF et de la fréquence et de la sévérité des effets indésirables (se référer à la Section 13.3).

13.2.3 Facteurs liés à l’environnement thérapeutique

– Les conditions d’accueil sont essentielles : les délais d'attente dans les centres de traitement doivent être raisonnables. Pour les patients hospitalisés, les conditions d’hébergement doivent être adéquates (confort, alimentation, chauffage, etc.).

– La proximité du centre de distribution des médicaments limite les abandons liés aux difficultés de transport.

– La relation entre le soignant et le patient influence également l'adhérence. Le patient sera plus enclin à suivre des instructions et conseils de la personne qui le soigne s’il lui fait confiance, à lui poser des questions ou exposer ses problèmes et à collaborer avec elle de manière générale.

– La plupart des patients peuvent être traités en ambulatoire et l’hospitalisation doit être limitée aux cas pour lesquels elle est impérative. Dans ces cas, la durée de séjour doit être la plus courte possible. Le patient sort dès que son état clinique le permet.

– La gratuité des soins (visites, examens, traitement, y compris des effets indésirables) limite le nombre de patients qui abandonnent pour des raisons financières.

– Une bonne coordination des services de soins de la TB et du VIH est indispensable à tous les niveaux pour la prise en charge des patients co-infectés. Les structures qui mettent en place un système de « guichet unique » où les patients reçoivent à la fois leurs soins pour la TB et pour le VIH, permet de réduire le nombre de visites et les temps d’attente, avec pour conséquence une plus grande satisfaction des patients et de meilleurs résultats.

– Les autres co-morbidités (p.ex. diabète, hypertension) doivent être prises en charge au même endroit pour faciliter l’accès du patient au traitement.

– La gestion de l’approvisionnement en médicaments doit être rigoureuse. Il est essentiel d’éviter les ruptures de stock qui peuvent entraîner des interruptions de traitement et ont un impact négatif sur l’adhérence (perte de temps en déplacements inutiles, perte de confiance dans le service).

– De façon à anticiper d’éventuels contretemps, il est prudent de fournir au patient quelques jours supplémentaires de traitement, au cas où il ne pourrait venir chercher ses médicaments à la date prévue.