Insuffisance cardiaque aiguë (OAP)

Signes cliniques

– Apparition ou exacerbation soudaine d’une dyspnée
– Angoisse, agitation
– Œdèmes périphériques
– A l’auscultation : râles crépitants dans les deux champs pulmonaires, parfois bruits du cœur assourdis et/ou bruit de galop

Signes de gravité :
– Détresse respiratoire sévère (tirage intercostal, battement des ailes du nez, balancement thoraco-abdominal, SpO2 < 90% en air ambiant, etc.), cyanose, sueurs profuses, confusion 
– Pression artérielle systolique < 90 mmHg
– Fréquence cardiaque (FC) > 150/minute ou < 40/minute
– Fréquence respiratoire (FR) > 30/minute ou < 12/minute
– Douleur thoracique si ischémie cardiaque sous-jacente

Examens paracliniques

Le diagnostic est principalement clinique.
– ECG : recherche d'une ischémie myocardique ou d'un trouble du rythme.
Si disponible :
– Radiographie thoracique : signes en fonction de l’évolution de l’œdème (dilatation des vaisseaux dans les lobes supérieurs puis image de flou péri-hilaire et épaississement des septa. A un stade avancé, images nuageuses hilaires et péri-hilaires). Peut éliminer une affection pulmonaire.
– Echographie pleuro-pulmonaire : présence de lignes B, présence d'un épanchement pleural bilatéral
– Echographie cardiaque : recherche d'une surcharge volémique

Pour le suivi : numération formule sanguine, ionogramme,  créatininémie.

Traitement

La pression artérielle systolique est < 90 mmHg

 Voir Etat de choc, Chapitre 1.

La pression artérielle systolique est ≥ 90 mmHg  

Traitement commun à tous les patients : 
– Patient en position demi-assise, jambes pendantes
– Oxygène au masque, 6-10 litres/minute 
– Pose d'une voie veineuse

– Diurétique : furosémide IV, 40 mg à renouveler une fois si le patient n’a pas uriné dans les 30 à 60 minutes. Si le patient était déjà sous furosémide à des doses > 40 mg, administrer sa dose habituelle par voie IV.
– Surveillance : FC, FR, TA, SpO2, conscience

Autres traitements :
– Ajouter un dérivé nitré (vasodilatateur) à action rapide si la pression artérielle systolique est ≥ 180 mmHg et/ou diastolique ≥ 110 mmHg.
L'objectif du traitement est d'abaisser la pression systolique à 120-150 mmHg et la pression diastolique à moins de 110 mmHg.
dinitrate d'isosorbide IV (ampoule à 1 mg/ml, 10 ml)
2 mg (= 2 ml) en injection IV lente (en 2 minutes) puis si nécessaire 2 à 10 mg/heure en perfusion continue à la seringue électrique
Utiliser la voie sublinguale si la voie IV n'est pas disponible :
dinitrate d'isosorbide sublingual (cp à 5 mg)
5 mg par dose ; jusqu’à 2 doses espacées de 10 minutes si nécessaire, à condition que la pression systolique soit > 120 mmHg
ou trinitrate de glyceryl sublingual (cp à 0,5 mg)
0,5 mg par dose; jusqu’à 3 doses espacées de 5 minutes si nécessaire, à condition que la pression systolique soit > 120 mmHg
– Un dérivé nitré peut être envisagé chez un patient très dyspnéique qui ne s'améliore pas au plan respiratoire dans les 10 minutes qui suivent l'administration d'oxygène et de furosémide. Le traitement n'est administré que si la pression systolique est > 120 mmHg. 

La suite du traitement dépend de la pathologie sous-jacente (insuffisance cardiaque chronique, hypertension artérielle, syndrome coronarien aigu, etc.).