13.3 Facteurs influençant l’adhérence

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Sommaire

    Plusieurs facteurs, liés au patient, au traitement, ou à l’environnement thérapeutique, peuvent avoir une influence sur l’adhérence. S’il n'est pas toujours possible d’agir sur chacun de ces facteurs, il est au moins possible de contrôler les facteurs liés au traitement lui-même et à l’environnement thérapeutique.

    13.3.1 Facteurs liés au patient

    Une discussion avec le patient doit avoir lieu avant le début du traitement puis à chaque contact. L’objectif est d'identifier et anticiper les obstacles à l'adhérence thérapeutique. Les obstacles peuvent être :

    • Facteurs socio-économiques (responsabilités professionnelles et familiales, coûts liés au traitement, baisse de revenu lié à la maladie, etc.) ;
    • Facteurs psychologiques (sentiment de honte, crainte de la stigmatisation ou de la marginalisation, incertitude quant à l'avenir, croyances sur la maladie et son traitement, etc.) ;
    • Handicap physique ou mental ;
    • Manque de connaissances sur la maladie et son traitement ;
    • Perception de la maladie et du traitement (un patient peut abandonner le traitement parce que son état s'améliore, ou au contraire parce qu'il ne s'améliore pas, ou en raison d’une expérience difficile lors d’un traitement antérieur, etc.).

     

    Les solutions dépendent du contexte et du problème du patient et doivent être trouvées au cas par cas.

    13.3.2 Facteurs liés au traitement

    • La simplicité du traitement améliore l’adhérence. L’utilisation d’ADF simplifie le traitement en réduisant le nombre de comprimés. De plus, les ADF évitent l'oubli d'un ou plusieurs médicaments prescrits.
    • Les effets indésirables peuvent conduire les patients à interrompre leur traitement. Ils doivent être détectés et pris en charge rapidement. 

    13.3.3 Facteurs liés à l’environnement thérapeutique

    • Pour garantir un accès le plus large possible au traitement, le diagnostic, le suivi médical et les médicaments doivent être gratuits (antituberculeux, médicaments utilisés pour traiter les effets indésirables et les comorbidités).
    • La relation entre patients et soignants influence l'adhérence. Les patients sont plus à même de coopérer et de suivre des conseils des soignants s’ils leur font confiance. Les patients sont plus à l'aise pour poser des questions et exposer leurs préoccupations. Il en va de même avec les accompagnateurs DOT. 
    • Dans les structures de santé, l'accueil des patients est essentiel. Les temps d'attente (diagnostic ou visites de suivi) doivent être raisonnables.
    • La gestion de l'approvisionnement en médicaments doit être rigoureuse. Les ruptures de stock peuvent entraîner des interruptions de traitement et avoir un impact négatif sur l'adhérence (les patients perdent leur temps en déplacements inutiles et leur confiance dans la structure de santé).
    • La proximité du centre de distribution des médicaments limite les abandons liés aux difficultés de transport. Pour anticiper d'éventuels problèmes, donner aux patients quelques jours supplémentaires de traitement, au cas où ils ne pourraient venir chercher leurs médicaments à la date prévue.
    • Pour la gestion des co-infections TB et VIH, il est préférable que les patients reçoivent à la fois les soins pour la TB et le VIH en même temps au même endroit (système de « guichet unique »). Cela permet de réduire le nombre de visites et les temps d’attente, avec pour conséquence une plus grande satisfaction des patients et de meilleurs résultats de traitement. Les autres comorbidités (p. ex. diabète, hypertension) doivent également être prises en charge au même endroit si possible. 
    • L'hospitalisation est réservée aux patients dont l'état clinique le justifie. Si une hospitalisation est nécessaire, les conditions d’hébergement (confort, nourriture, chauffage, etc.) doivent être convenables. La durée du séjour doit être aussi courte que possible. Les patients doivent sortir dès que leur état le permet.