14.3 Mesures administratives


Les mesures administratives visent à empêcher l'exposition à des gouttelettes infectieuses.

14.3.1 Triage des patients

Un membre du personnel médical doit rapidement identifier les patients présentant une toux à leur arrivée dans la structure. Les patients présentant une toux depuis plus de 2 semaines doivent être dirigés si possible vers une salle d’attente différente.

Tous les patients qui toussent (y compris depuis moins de 2 semaines) doivent recevoir des mouchoirs ou masques et être invités à se couvrir la bouche et le nez quand ils toussent.

14.3.2 Circulation des patients, accompagnants et visiteurs

Dans le service TB, la circulation des patients, accompagnants et visiteurs est contrôlée :
– Encourager les patients/accompagnants à passer le plus de temps possible à l’air libre si le temps le permet ou sous des abris ouverts sur 3 ou 4 faces.
– Signaler par un panneau aux visiteurs l’interdiction d’entrer dans les services.
– Limiter la durée des visites pour les patients contagieux.
– Encourager les visites à l’extérieur du bâtiment, en particulier pour les patients contagieux.
– Bien signaler les zones réservées aux visites.
– Une infirmière doit informer les visiteurs et accompagnants sur le risque de transmission et sur l’utilisation du masque de protection respiratoire en cas de visite dans une zone à haut risque.
– Eviter que des patients TB (cas présumés ou confirmés) traversent des zones où ils peuvent infecter d'autres patients, et inversement, que des patients qui n’ont pas la TB passent par des zones où ils sont exposés au bacille.

14.3.3 Isolement des patients hospitalisés (cohorting)

Les patients doivent de préférence être traités en ambulatoire. L’hospitalisation est réservée aux patients dont l’état clinique le nécessite et doit être de courte durée.
Dans l’enceinte d’un hôpital, le service TB doit être séparé des autres services.
Les patients doivent être placés de préférence en chambre individuelle. Si c’est impossible, les cas doivent être regroupés en fonction de leur contagiosité (résultats du frottis/de la culture) et du risque qu’ils ont de présenter une résistance.

Le schéma de séparation ci-dessous prend en compte l'utilisation de chambres individuelles pour isoler des cas (tous les hôpitaux TB devraient en avoir. Si ne n’est pas le cas, il est prioritaire d’en installer quelques unes).
– Patients à frottis positif, chez qui l’on suspecte ou diagnostique une résistance, y compris les cas chroniques et les patients en-retraitement : ces patients sont susceptibles d’avoir une TB multirésistante (TB-MR). Les cas de TB-MR doivent être isolés en chambre seule, ou à défaut, en chambres de 2 à 4 personnes, en essayant de faire correspondre les profils de résistance. Il est essentiel de bien séparer les cas de TB-MR des cas de TB ultrarésistante (TB-UR).
– Patients à frottis positif ayant une TB totalement sensible.
– Patients à frottis négatif (ou dont les frottis se sont négativés), chez qui l’on suspecte ou diagnostique une résistance (une fois sous traitement efficace ces patients ne sont plus contagieux rapidement).
– Patients peu ou pas contagieux : TB pulmonaire à frottis négatif, TBEP, patients dont les frottis ou cultures se sont négativés et la plupart des enfants.
– Cas suspects en cours d’investigation : ne pas hospitaliser les patients pour un diagnostic de TB si possible. Si une hospitalisation s’impose, isoler ces patients en chambre individuelle. Ne jamais placer un patient qui n’est pas sous antituberculeux dans un service où l’on traite des TB.

S’il est nécessaire de séparer les femmes et les hommes, il faut au moins 8 salles et assez de chambres individuelles pour les cas suspects et les patients TB-MR.

14.3.4 Formation du personnel

Le personnel soignant doit recevoir une formation initiale sur la transmission de la TB, les zones à haut risque de transmission dans l'établissement et les mesures de prévention. Cette formation doit être renouvelée tous les ans.

L’éducation des patients et des visiteurs sur le risque et la prévention de la transmission (hygiène de la toux, utilisation des masques chirurgicaux et de protection respiratoire) fait partie intégrante de la formation.