3.7 L’investigation en pratique

3.7.1 Que fait-on durant l’investigation ?

– Collecter des informations sur tous les cas suspects.
– Vérifier l’efficacité de la surveillance et la renforcer si nécessaire.
– Collecter des échantillons biologiques pour confirmer l’agent causal.
– S’assurer que la prise en charge des malades est efficace.
– Décider si une vaccination réactive est nécessaire.

Au cours de l’investigation, on collecte aussi des informations sur la réponse actuelle et les moyens disponibles et on évalue la capacité de réponse sur le terrain :
– prise en charge adaptée des patients ;
– disponibilité des médicaments (nom et quantité) ;
– accès au traitement : couverture géographique, coût pour le patient, personnel en nombre suffisant ;
– couverture vaccinale estimée des dernières années ;
– capacités en chaîne de froid ;
– vaccinations réactives déjà réalisées et leçons tirées.

3.7.2 Composition de l’équipe d’investigation

L’équipe est composée d’un épidémiologiste (ou personne expérimentée), d’un technicien de laboratoire (ou personne expérimentée) et d’un logisticien. Le rôle de chacun doit être précisé afin de s’assurer que toutes les activités sont couvertes sans redondance.

Recruter un chauffeur qui connait la région, et si possible la langue locale.

3.7.3 Préparation de l’investigation

Une préparation rigoureuse de l’investigation facilite le travail des équipes sur le terrain. Il faut :
– prendre connaissance des réponses aux épidémies précédentes (rapports, données de surveillance) et des réponses prévues pour les épidémies futures (plan de riposte annuel) ;
– identifier les lieux à investiguer : en fonction de l’alerte transmise par le système de surveillance ou selon les informations rapportées par la population ;
– obtenir l’autorisation préalable auprès des autorités centrales compétentes ;
– organiser les moyens logistiques ;
– préparer le matériel et les formulaires de collecte d’informations et de données ;
– préparer le matériel pour réaliser les prélèvements et assurer leur transport ;
– prévoir des kits de traitements « cas simples » et « cas compliqués » pour les distribuer si nécessaire dans les postes de santé et hôpitaux visités ;
– informer les autorités locales ;
– établir et mettre à disposition le budget.

3.7.4 Matériel et documents

Logistique et communications

– Un véhicule adapté au terrain et en bon état de marche
– Des cartes de la région
– Des moyens de communication fonctionnels et adaptés
Un appareil photo et un GPS peuvent être utiles.

Laboratoire

– Matériel de prélèvement et transport (p.ex. seringues, aiguilles, tubes, gants, compresses, sparadrap, papier buvard, poche triple emballage)
– Fiches d’information pour les prélèvements
– Chaîne de froid pour les prélèvements si nécessaire (porte-vaccin, accumulateurs de froid, thermomètre)

Pour le recueil de données

– Recensement de la population
– Liste des établissements de santé, du personnel (carte sanitaire) et des contacts
– Feuilles d’inventaire des médicaments, du matériel médical et de la chaîne de froid
– Documents de référence (définition de cas, fiches de recueil de données)
– Papier, stylos, calculatrice

Matériel médical

– Protocoles de traitement
– Kits de traitement
– Malle d’urgence