Brucellose


– La brucellose est une zoonose touchant principalement les animaux d'élevage.
– Les voies de transmission de la maladie à l'homme sont principalement :
• digestive, par consommation de lait cru (ou produits laitiers crus) provenant d'un animal infecté ;
• cutanée, par contact direct avec des animaux ou carcasses d'animaux infectés. 
– Les germes responsables sont des bactéries du genre Brucella, notamment B. melitensis (ovins, caprins), B. abortus (bovins) et B. suis (porcins).
– La maladie est surtout présente dans les zones rurales, dans la plupart des pays du monde. 
– Après une primo-invasion, la maladie peut récidiver (5 à 15% des cas, y compris des mois après la fin du traitement initial) ou devenir chronique.

Signes cliniques

Forme aiguë (primo-invasion)
– Fièvre (39-40 °C) continue ou irrégulière, associée à plusieurs signes ou symptômes : frissons, sueurs nocturnes, douleurs articulaires et musculaires, perte de poids, asthénie, malaise, céphalées ; adénopathies (surtout chez l'enfant).
– Peuvent être associés : troubles digestifs non spécifiques, toux, hépato et/ou splénomégalie, arthrite (genou), orchite.

Le diagnostic est difficile en raison de la diversité des manifestation cliniques. Les signes sont fluctuants et non spécifiques. Devant une fièvre d’origine indéterminée, penser à la brucellose s'il existe des facteurs de risque d'infection : consommation de produits laitiers crus ; exposition au bétail (p.ex. éleveurs, vétérinaires, bouchers, équarrisseurs). 

Infection focalisée
Des formes focalisées peuvent apparaître après l'infection aiguë (y compris plusieurs mois ou années après). Les foyers sont principalement :
• ostéo-articulaires: articulations sacro-iliaques, des membres inférieurs notamment ; rachis (infection d'un disque intervertébral, ostéomyélite vertébrale)
• génito-urinaires : orchite, épididymite 
• pulmonaires : bronchite, pneumonie, pleurésie 
• neurologiques : méningite, encéphalite, polynévrite 

Examens paracliniques

Laboratoire
− L’examen de référence est la culture (hémoculture) qui n’est positive qu'en phase aiguë. La bactérie pousse lentement (7 à 21 jours).
– Les tests sérologiques (Rose Bengale, séroagglutination de Wright, immunofluorescence indirecte, ELISA, etc.) ont une valeur présomptive.
– En cas de signes neurologiques ou de méningite, la ponction lombaire montre : liquide clair pouvant contenir de nombreux leucocytes ; protéinorachie élevée ; hypoglycorachie. 
– Eliminer un paludisme dans les régions endémiques (test rapide). 
– Eliminer une tuberculose en cas de toux > 2 semaines (examen des crachats).

Radiographie 
− Douleurs articulaires (hanches, genoux, chevilles, vertèbres, articulation sacro-iliaque) : petites érosions ou destructions ou perte d’espace articulaire.
− Signes pulmonaires : radiographie du thorax souvent normale ; épanchement pleural parfois.

Traitement

S'informer du protocole national pour l'antibiothérapie. A titre indicatif  :

Enfant de moins de 8 ans

co-trimoxazole + rifampicine 
ou co-trimoxazole + gentamicine

Enfant de 8 ans et plus

doxycycline + rifampicine
ou doxycycline + gentamicine

Adulte

doxycycline + rifampicine 
ou doxycycline + streptomycine ou gentamicine 

Femme enceinte/allaitante

rifampicine 

co-trimoxazole PO pendant 6 semaines
Enfant < 8 ans : 20 mg SMX + 4 mg TMP/kg 2 fois par jour

doxycycline PO pendant 6 semaines
Enfant ≥ 8 ans : 1 à 2 mg/kg 2 fois par jour 
Adulte : 100 mg 2 fois par jour 

rifampicine PO pendant 6 semaines
Enfant : 15 à 20 mg/kg une fois par jour (max. 600 mg par jour)
Adulte : 600 à 900 mg une fois par jour

gentamicine IM pendant 2 semaines
Enfant et adulte : 5 mg/kg une fois par jour

streptomycine IM pendant 2 semaines
Adulte : 1 g une fois par jour 


Pour les formes focalisées, même traitement pour une durée de 6 semaines à 4 mois en fonction du foyer. 

Prévention

– Hygiène des mains et des vêtements au contact du bétail.
– Faire bouillir le lait, éviter la consommation de produits laitiers crus, bien faire cuire les abats.