4.2 Surveillance épidémiologique


Une fois l’épidémie confirmée, la surveillance épidémiologique doit être intensifiée. Les objectifs du système de surveillance sont :
– d’identifier précocement de nouveaux foyers épidémiques ;
– de surveiller l’évolution de l’épidémie ;
– d’organiser une prise en charge appropriée ;
– d’évaluer les activités de riposte.

4.2.1 Enregistrement des cas

Les registres (Annexe 5) sont la base de tout recueil de données. Il faut décider de mettre en place des registres spécifiques pour les cas de rougeole ou d’utiliser les registres existants. Dans tous les cas, les registres doivent être disponibles dans chaque établissement et doivent y rester.

Les informations à recueillir pour chaque cas de rougeole sont : date d’admission, nom, adresse, sexe, âge, diagnostic, traitement, évolution, statut vaccinal.

4.2.2 Description du système de surveillance épidémiologique

Données

Informations essentielles
A la fin de chaque semaine épidémiologique, tous les établissements de soins transmettent au niveau supérieur leurs données hebdomadaires relatives à la rougeole. Afin de ne pas alourdir la surveillance, seules les informations essentielles (nombre de nouveaux cas et de décès) sont transmises de manière hebdomadaire.

Informations complémentaires
Statut vaccinal des cas, classes d’âge : ces données sont obligatoirement enregistrées au niveau des centres de santé et hôpitaux mais ne sont pas systématiquement transmises au niveau supérieur. Elles seront utilisées si une analyse plus détaillée est nécessaire.

Déclaration « zéro cas »
Si aucun cas n’a été vu au cours de la semaine, cette information doit être transmise aux responsables de santé. On parle de déclaration « zéro cas ». L’absence de déclaration équivaut à une absence d’information et ne signifie pas qu’il n’y a pas eu de cas.

Transmission des données

Pour la transmission de données, utiliser les moyens de communication les plus rapides (téléphone, SMS, MMS, e-mail, radio, etc.).

Chaque semaine, le responsable transmet le nombre de cas et de décès via les fiches standard préétablies ou par téléphone. Si la transmission est orale, une copie papier des déclarations est systématiquement envoyée au niveau supérieur, l’autre est conservée dans l’établissement.

Chaque visite dans un établissement de soins d’une région touchée (supervision des activités curatives, approvisionnement ou vaccination) est l’occasion de collecter, vérifier et transmettre les données.

Compilation des données

Les données sont habituellement compilées et analysées au niveau du district (taux d’incidence, taux d’attaque et létalité) puis transmises au niveau régional. Après compilation et analyse au niveau régional, les données sont transmises au niveau national.

A chaque niveau, le responsable de la surveillance contrôle la complétude des données et la réactivité à les transmettre. Il les saisit, vérifie la concordance avec les fiches transmises et fait le lien avec les données de laboratoire le cas échéant.

Analyse des données

L’analyse (Temps - Lieu - Personne) est effectuée à tous les niveaux chaque semaine dès le début de la saison à risque épidémique. C’est une étape essentielle sur laquelle repose l’identification et la gestion de l’épidémie.

La représentation des données sous forme de tableaux, graphes (Annexe 6) et cartes facilite l’analyse. L’utilisation de l’outil informatique simplifie l’organisation des données, mais n’est pas indispensable à tous les niveaux. Au niveau d’un dispensaire p.ex., un simple graphique affiché sur le mur, et mis à jour chaque semaine, permet d’observer une augmentation du nombre de cas et de suivre la létalité.

Surveillance biologique

Après les premiers prélèvements (confirmation et analyse génotypique), un suivi constant tout au long de l’épidémie n’est pas essentiel. Pour la surveillance biologique, se référer aux recommandations du pays.