Hypoglycémie


L'hypoglycémie est une concentration anormalement basse de glucose dans le sang. Une hypoglycémie sévère peut être mortelle ou provoquer des séquelles neurologiques irréversibles.

Chez un patient qui présente des symptômes d’hypoglycémie, mesurer la glycémie chaque fois que possible. S’il est pas possible de mesurer la glycémie, considérer qu’il existe une hypoglycémie et administrer du glucose (ou un autre sucre disponible).

Penser systématiquement à une hypoglycémie en cas de troubles de la conscience (léthargie, coma) ou de convulsions.

Pour le diagnostic et le traitement de l’hypoglycémie chez le nouveau-né, se référer au guide Soins obstétricaux et néonatals essentiels, MSF.

Signes cliniques

Apparition rapide de signes non spécifiques plus ou moins associés, en fonction de la gravité de l’hypoglycémie : sensation de faim et de fatigue, tremblements, tachycardie, pâleur, sueurs, anxiété, troubles de la vision, troubles de la parole, confusion, convulsions, léthargie, coma.

Diagnostic

Glycémie capillaire (bandelette réactive) :

– Patient non diabétique :
• Hypoglycémie : < 3,3 mmol/litre (< 60 mg/dl)
• Hypoglycémie sévère : < 2,2 mmol/litre (< 40 mg/dl)

– Patient diabétique qui se traite à domicile : < 3,9 mmol/litre (< 70 mg/dl)1

Si la glycémie n’est pas disponible, la résolution des symptômes après l’administration de sucre ou glucose confirme l’hypothèse d’une hypoglycémie.

Traitement symptomatique

– Le patient est conscient :
Enfant : une cuillère à café de sucre en poudre dans quelques ml d’eau ou 50 ml de jus de fruit, de lait maternel ou thérapeutique ou 10 ml/kg de glucose à 10% per os ou par sonde nasogastrique.
Adulte : 15 à 20 g de sucre, sous forme de morceaux de sucre (3 à 4) ou de boisson sucrée (eau sucrée, jus de fruit, soda, p.ex.).
Les symptômes s’améliorent en environ 15 minutes après la prise de sucre par voie orale.

– Le patient présente des troubles de la conscience ou des convulsions prolongées :
Enfant : 5 ml/kg de glucose 10% en IV lente (2 à 3 minutes) 
Adulte : 1 ml/kg de glucose 50% en IV lente (3 à 5 minutes)
Les troubles neurologiques s’améliorent en quelques minutes après l’injection.

Remesurer la glycémie après 15 minutes. Si elle reste basse, ré-administrer du glucose par voie IV ou donner du sucre par voie orale selon l’état du patient.

En l’absence d’amélioration clinique, évoquer un autre diagnostic : p.ex. infection grave (paludisme sévère, méningite, etc.), épilepsie.

Dans tous les cas, une fois le patient stabilisé, donner un repas ou une collation riche en glucides d’absorption plus lente et surveiller le patient quelques heures.

En cas d’obnubilation persistante après un épisode d’hypoglycémique sévère, mesurer régulièrement la glycémie.

Traitement de la cause

– En dehors du diabète :
• Traiter une malnutrition sévère, un sepsis néonatal, un paludisme sévère, une intoxication alcoolique aiguë, etc.
• Mettre fin à un jeûne prolongé.
• Remplacer les médicaments responsables d’hypoglycémie (p.ex., quinine IV, pentamidine, ciprofloxacine, énalapril, bétabloquants, aspirine à forte dose, tramadol) ou anticiper l’hypoglycémie (p.ex. administrer la quinine IV dans une perfusion de glucose).

– Chez un patient diabétique :
• Eviter de sauter des repas, augmenter l’apport en glucides si nécessaire.
• Réajuster la dose d’insuline en fonction des glycémies, des efforts physiques prévus.
• Réajuster les doses si traitement antidiabétique oral, prendre en compte d’éventuelles interactions médicamenteuses.



Références

  1. American Diabetes Association Standards of Medical Care in Diabetes, 2017.
    http://care.diabetesjournals.org/content/diacare/suppl/2016/12/15/40.Supplement_1.DC1/DC_40_S1_final.pdf [consulté le 24 mai 2018]