3.1 Examen microscopique des crachats


L’examen microscopique des crachats permet d’identifier de manière rapide et fiable les patients atteints de TB pulmonaire (TBP) si la charge bacillaire est supérieure à 5000 bacilles/ml de crachat.
Si le crachat contient moins de 5000 bacilles/ml, il est peu probable que l’examen microscopique détecte une TBP, sa sensibilité est donc faible1,2,3.

De plus, il est n’est pas possible de distinguer M. tuberculosis des mycobactéries non tuberculeuses (MNT) en raison du manque de spécificité de l’examen. Toutefois, dans les régions où la prévalence de la TB est très élevée, il est très probable qu’un frottis positif soit dû à M. tuberculosis.

La fiabilité de l’examen microscopique dépend de la qualité de l’échantillon recueilli. Les crachats émis tôt le matin sont souvent plus riches en bacille. La fiabilité de l’examen dépend aussi en grande partie de la qualité de la préparation des lames et de la lecture. Par conséquent, les techniciens de laboratoire doivent être correctement formés et le laboratoire doit faire l’objet d’un contrôle de qualité régulier.

Il est recommandé de réaliser au moins 2 examens chez tous les cas suspects de TBP. Des études ont montré que lorsque les techniques de recueil et d’examen sont correctes, 80% des patients à frottis positif sont détectés lors du premier examen et plus de 15% lors du second. Le gain en termes de détection apporté par des examens supplémentaires est très limité4.

Habituellement, un premier échantillon est prélevé lors de la consultation, dès que le patient est considéré comme un cas présumé. Un deuxième échantillon est prélevé le lendemain matin (et le patient le ramène au laboratoire si l’échantillon a été recueilli à domicile).

Afin de limiter le nombre de déplacements, deux échantillons de crachats peuvent être recueillis le même jour à une heure d'intervalle. Cette stratégie a donné des résultats semblables à la stratégie standard sur deux jours en termes de taux de détection5.

Se référer à l’Annexe 1 pour le recueil, la conservation et l’expédition des crachats.

Les techniques de coloration sont basées sur le caractère acido-alcoolo-résistant du bacille (BAAR). Les deux méthodes de coloration les plus courantes, qui déterminent la nature acido-alcoolo-résistante des mycobactéries, sont la coloration de Ziehl-Neelsen et la coloration à l’auramine (Annexe 2)6.

La coloration à l’auramine a l’avantage de permettre une lecture plus rapide de la lame. Elle est recommandée dans les laboratoires dont l’activité est importante (≥ 20 lames/lecteur/jour). Cette technique doit être réalisée par des techniciens formés et expérimentés. Elle nécessite un microscope à fluorescence. Les modules LED (light-emitting-diodes) qui peuvent être adaptés à un microscope ordinaire ou les nouveaux microscopes à LED sont des alternatives plus simples, moins coûteuses et plus sûres aux microscopes traditionnels à lampe à vapeur de mercure et ne nécessitent pas de chambre noire.

Les techniques de concentration (Annexe 4) permettent d’augmenter la sensibilité de la microscopie des crachats et d’accroître jusqu'à 20% la détection des cas dans les contextes où la prévalence du VIH est élevée7.