4.1 Comité de gestion des épidémies


Un comité de gestion des épidémies doit être constitué au niveau national, régional et du district. Ce comité est chargé de « gérer » l’épidémie, c.-à-d. assurer l’adéquation entre les besoins et les ressources.

Le comité se réunit régulièrement : chaque jour au début de l’épidémie puis chaque semaine, jusqu’à la fin de l’intervention. Les réunions sont courtes avec des ordres du jour précis.

Les comptes-rendus sont diffusés aux responsables aux différents niveaux et aux partenaires. La rétro-information peut aussi être effectuée à travers un bulletin hebdomadaire rendant compte des informations essentielles.

4.1.1 Composition du comité

A chaque niveau, le comité est composé de représentants :
– du Ministère de la Santé (incluant des représentants du programme national de vaccination) ;
– des laboratoires ;
– des hôpitaux ;
– des autorités administratives ;
– des agences de support (OMS, Unicef, coopération bilatérale) et organisations non gouvernementales impliquées.

La réponse à l’épidémie exige une coordination étroite avec d’autres secteurs qui participent aux comités en fonction des besoins. Les secteurs concernés sont :
– information (radio, journaux, télévision) : les médias diffusent l’information sur l’existence d’une épidémie, les signes de la maladie, les lieux de soins, la gratuité des traitements, les dates et lieux de vaccination ;
– éducation : les écoles peuvent abriter des sites de vaccination ; les instituteurs peuvent collaborer à l’établissement des cartes vaccination, au pointage des vaccinés ;
– douane : elle peut faciliter l’importation des médicaments, du matériel médical ou des vaccins ;
– sécurité : la police peut contribuer au maintien de l’ordre au cours des campagnes de vaccination de masse.

4.1.2 Rôle du comité

Les termes de référence (responsabilités et niveau de décision) sont élaborés au cas par cas.

Les grands axes stratégiques sont généralement décidés au niveau national. Les autres niveaux (régional et district) sont impliqués dans le système d’alerte et la mise en oeuvre de la riposte. Des sous-commissions peuvent être chargées d’aspects techniques spécifiques : laboratoire, vaccination, information et communication, logistique, etc.

Déterminer les stratégies

Le comité détermine les stratégies de surveillance, prise en charge des patients, vaccination et information à la population (Tableau 4.1). Il assure la mise en oeuvre des activités en mobilisant les ressources nécessaires, coordonne et informe les partenaires.

Tableau 4.1 : Objectifs et étapes clé pour déterminer les stratégies


ObjectifsEtapes clé

Surveillance
épidémiologique

– Fournir les données hebdomadaires pour prendre les décisions.
– Déterminer les priorités.

S’accorder sur une définition standard de cas.
– Renforcer ou établir un système de recueil de données simple, régulier et fiable.
– Définir les priorités pour la prise en charge des patients et la vaccination.
– Assurer la rétro-information du personnel et des partenaires.

Prise en charge
des patients

– Réduire le délai entre les premiers signes de la maladie et le traitement.
– Réduire la létalité et les séquelles.
– Assurer une disponibilité constante en traitements à tous les niveaux.

– Etablir et diffuser les protocoles de traitement (hôpital et centres périphériques).
– Evaluer les besoins en :
• traitements spécifiques ;
• capacité d’hospitalisation (lits, personnel et moyens) ;
• prise en charge nutritionnelle.
– Définir la stratégie d’approvisionnement en traitements :
• déterminer la composition de kits ;
• centraliser la préparation des kits ;
• organiser la distribution (rythme et priorités).
– Organiser la surveillance des quantités distribuées et de la disponibilité en traitements.

Vaccination

– Protéger rapidement la population à risque.
– Limiter la progression de l’épidémie.

Décider d’effectuer ou non une vaccination de masse. Si oui, définir :
– QUI : définir la population cible ;
– OÙ : identifier les lieux à vacciner et établir les priorités ;
– COMMENT : approche et planification ;
– QUAND : réviser le chronogramme des vaccinations planifiées en fonction des données épidémiologiques hebdomadaires.

Information à la
population

– Fournir à la population des informations pratiques et claires sur : épidémie, prise en charge des patients et vaccination.

Déterminer :
– QUELS messages ;
– À QUI ils s’adressent ;
– COMMENT les transmettre.

Organiser la gratuité des soins

Le comité décide de ce qui est gratuit pour la population et identifie qui prend en charge les différentes composantes du coût des soins aux patients :
– consultation ;
– hospitalisation ;
– médicaments spécifiquement fournis pour la rougeole et ses complications ;
– autres traitements (contre le paludisme, p.ex.) ;
– examens de laboratoires effectués dans le cadre de la surveillance de la rougeole ;
– transfert des cas sévères.

Estimer le budget

Le comité établit des prévisions budgétaires en tenant compte des coûts suivants :
– personnel : salaire, per diem et formation ;
– médicaments et matériel médical ;
– vaccination : vaccins, chaîne de froid, matériel d’injection, kits et modules ;
– frets internationaux et nationaux ;
– transport du personnel : location de véhicules, carburant, déplacements, etc. ;
– équipement logistique : cordes, piquets, tentes, mégaphones, etc. ;
– matériel administratif : cartes de vaccination, tampons dateurs, feuilles de pointage, documents de formation, etc. ;
– moyens d’information et de mobilisation sociale ;
– équipement de communication (téléphone et carte, radio, etc.).

Le coût d’une personne vaccinée en campagne de vaccination de masse varie selon les contextes et les moyens déployés. En 2011, il était estimé entre 1,4 et 2 €/personne vaccinée.

Evaluer la riposte

L’évaluation est une composante essentielle de toute intervention. Elle doit être planifiée et préparée avant le début de la riposte. Sa finalité est d’améliorer les interventions en formulant des recommandations au regard de ce qui a été réalisé en pratique.

Dès le début de l’intervention :
– Déterminer les objectifs.
– Définir les indicateurs d’évaluation.
– Lister les informations nécessaires.
– Etablir le recueil de données (p.ex. : fiches de stock, formulaires de donation, registres des patients, formulaires épidémiologiques, etc.).
– Définir la méthodologie.
– Identifier et former les responsables.
– Former et superviser les évaluateurs.