6.6 Qualité et sécurité de la vaccination

6.6.1 Qualité des vaccins

A chaque niveau (capitale, périphérie) :
– Pour les vaccins : contrôler le nom, l’origine de l’envoi, l’étiquetage, la date de péremption, la quantité livrée et le numéro de lot.
– La composition et le volume du solvant peuvent être variables. Vérifier que le solvant fourni correspond au vaccin (type, étiquetage, quantité, péremption) et utiliser uniquement celui livré par le fabricant. En cas de perte accidentelle du solvant, contacter le pharmacien ou le fabricant pour connaître la conduite à tenir.
– Après une séance de vaccination, un flacon de vaccin reconstitué non utilisé doit obligatoirement être éliminé.
– Lors de la première réception de vaccins ou lors de la réception d’un vaccin d’un autre fabricant, lire la notice pour connaître les spécificités du produit.
– Examiner les produits (le solvant doit être limpide et sans dépôt).
– Vérifier qu’il n’y a pas eu de rupture de la chaîne de froid pendant le transport des vaccins : pastille de contrôle des vaccins (Annexe 41), thermomètre et feuille de température, carte de surveillance Stop!Watch®.

Attention : une rupture de la chaîne de froid peut entraîner une diminution de l’efficacité du vaccin. En cas de rupture de chaîne de froid, placer les vaccins en quarantaine, dans un réfrigérateur entre +2 °C et +8 °C, avec la mention « NE PAS UTILISER », en attente de décision de pharmacien responsable ; compléter le rapport de rupture de chaîne de froid (Annexe 42).

Ce rapport :
– décrit l’incident : lieu, date, circonstances, origine du problème, actions mises en œuvre, nom du déclarant ;
– précise :
• la liste des produits avec nom du fabricant, numéro de lot et quantités ;
• les indications données par les contrôles de température (thermomètre, PCV, carte Stop!Watch®).
Les vaccins en quarantaine ne peuvent être utilisés que si le responsable en donne l’autorisation après analyse du rapport.

6.6.2 Sécurité des injections

Il faut, à toutes les étapes (reconstitution du vaccin, préparation et conservation des seringues), respecter les règles d’asepsie (Annexe 34).

S’informer sur les problèmes de sécurité des injections rencontrés lors des campagnes précédentes.

Afin de garantir la sécurité des injections :
– Utiliser exclusivement des seringues autobloquantes (SAB) avec aiguille sertie pour administrer le vaccin. Elles sont à usage unique et il est impossible de les réutiliser.
– Collecter, transporter et éliminer les déchets de manière adéquate.
– Respecter la politique du lot (Bundle Policy) ci-dessous :

Les commandes et financements comprennent systématiquement les vaccins
+ les seringues autobloquantes + les seringues pour reconstitution
+ les conteneurs de collecte et d’élimination des piquants/tranchants.

– Informer tout le personnel des risques liés aux erreurs techniques :
• infection du personnel consécutive à une piqûre accidentelle ;
• infection locale due à une injection non stérile (erreur de manipulation lors de la préparation ou de l’injection) ;
• transmission virale (hépatites B, C et VIH) due à la réutilisation du matériel d’injection ;
• inefficacité du vaccin due à une erreur de reconstitution ou un problème deconservation.

– Contrôler les bonnes pratiques à l’aide de la grille de supervision (Annexe 35).

6.6.3 Surveillance des manifestations post-vaccinales indésirables (MAPI)

La surveillance des MAPI concerne toute personne vaccinée contre la rougeole au cours de la campagne et qui présentent un ou plusieurs symptômes apparus dans les 30 jours après la vaccination, qui pourrait être en lien avec celle-ci.

Les MAPI sont détectées par une surveillance passive qui commence le premier jour et s’achève 30 jours après la fin de la campagne. Le personnel de santé est formé, les définitions, outils et circuit de déclaration sont mis en place.

On distingue les MAPI mineures (fièvre, réaction au point d’injection), qui ne mettent pas en danger la personne et n’entraînent pas d’hospitalisation et les MAPI graves (p.ex. réaction anaphylactique, encéphalite), qui entraînent une hospitalisation, une incapacité ou un décès.

Le personnel de santé est formé à la détection rapide et à la prise en charge appropriée d’une réaction anaphylactique sur le site de vaccination. Chaque équipe dispose d’une ampoule d’épinéphrine (adrénaline), d’une seringue de 1 ml et d’une aiguille intramusculaire pour administrer l’épinéphrine (Annexe 43) avant le transfert à l’hôpital.

Les MAPI doivent être notifiées (Annexe 44 et Annexe 45). La notification des MAPI graves doit être immédiate, pour investigation et confirmation du lien avec la vaccination.

S’informer auprès du programme national de vaccination de la classification des MAPI en vigueur dans le pays. L’OMS propose la classification suivante :
– erreur de programme : incident provoqué par une erreur au niveau de la fabrication, du stockage, de la préparation, manipulation ou de l’administration du vaccin ;
– réaction vaccinale : incident provoqué ou précipité par le vaccin lorsque celui-ci a été administré correctement ;
– incident concomitant : incident qui survient après la vaccination mais qui n’est pas provoqué par le vaccin ;
– inconnue : incident dont la cause ne peut être déterminée.

6.6.4 Protection du personnel

Les risques d’AES sont multiples :

– Pour les vaccinateurs, le risque est élevé en raison du grand nombre d’injections effectuées à un rythme soutenu. Pour limiter les risques :
• porter des gants à usage unique ;
• se faire aider par l’accompagnant pour maintenir les enfants.

– Pour les équipes logistiques, les accidents sont liés à une mauvaise utilisation des conteneurs (remplissage au-delà de la ligne, fermeture partielle), à des erreurs de tri des déchets (aiguilles jetés dans des sacs poubelle, p.ex.) ou au transport non protégé des déchets (non isolés des personnes). Le port de matériel de protection est obligatoire (ce matériel est inclus dans le kit vaccination) :
• pour la collecte : gants épais (au minimum gants de chantier), bleu de travail avec manches et jambes longues, bottes ;
• pour l’élimination : gants épais, tablier en cuir, lunettes de protection, bleu de travail avec manches et jambes longues, bottes, masque.

Dès le début de la campagne, l’ensemble du personnel doit connaître la conduite à tenir immédiate en cas d’AES.

Un médecin référent est désigné pour :
– évaluer le risque chez les personnes exposées, décider de la mise sous traitement et assurer le suivi (Annexe 46) ;
– remplir et/ou centraliser les formulaires de déclaration d’AES (Annexe 47) ;
– assurer la disponibilité constante des kits AES.

Sur chaque site de vaccination et zone de stockage/élimination des déchets, un flacon de polyvidone iodée 10% doit être disponible pour assurer les soins locaux (Annexe 46).