10.6 Prise en charge des effets indésirables des traitements de deuxième ligne


Traiter rapidement et énergiquement les effets indésirables permet d’améliorer la tolérance et les résultats du traitement.

Les patients doivent être informés qu'ils sont susceptibles de ressentir des effets indésirables. Ces effets apparaissent le plus souvent au début du traitement, en particulier pendant les premières semaines, où le patient peut se sentir assez mal – les nausées et vomissements étant les effets indésirables les plus fréquents. De nombreux effets indésirables mineurs fréquents s'améliorent avec le temps et le traitement médical.

Les patients sont surveillés pour la toxicité générale et la toxicité spécifique des médicaments à chaque DOT. Les informer qu’ils doivent alerter immédiatement le professionnel de santé si des effets indésirables graves apparaissent (p.ex., perte de l’audition, vertiges, bourdonnements d’oreille, ictère, oedème, réduction de la production d’urines, éruption cutanée ou sensation de brûlure dans les jambes).

Il est souvent difficile de déterminer si un effet indésirable est dû à un médicament en particulier ou à l’association de plusieurs médicaments. Si malgré une bonne prise en charge les effets indésirables restent intolérables, une réduction de dose ou l'élimination d'un médicament peut être nécessaire. Une réduction permanente de la dose ou l'élimination définitive d'un médicament ne doit être envisagée qu’en ultime recours, c.-à-d. en cas d'effets indésirables impossibles à contrôler. Idéalement, un médicament éliminé doit être remplacé par un médicament aussi efficace, de façon à ne pas compromettre l'efficacité globale du traitement.

Une réduction de dose peut être faite d'une manière systématique pendant une semaine pour voir si les symptômes diminuent ou disparaissent, en commençant par le médicament le plus susceptible de provoquer les troubles. Si les symptômes persistent, le médicament est ré-administré à sa dose d'origine et le même processus est répété pour les autres médicaments, jusqu'à ce que tous les médicaments potentiellement responsables aient été testés. L'étape suivante peut être une réduction systématique et simultanée des doses de plusieurs médicaments.

En cas de réduction de dose ou de suspension d'un médicament, informer le patient qu'il s'agit d'un test pour déterminer quel est le médicament en cause et que la dose thérapeutique sera rétablie ensuite, de manière à ce que le médicament soit mieux toléré. Un retour progressif à la dose thérapeutique (sur 1 à 2 semaines) et la mise en oeuvre des stratégies visant à diminuer un effet indésirable spécifique permet en général de mieux tolérer le traitement.

Les accompagnateurs DOT et les infirmières travaillant avec les programmes TB doivent rapporter le plus rapidement possible au médecin les effets indésirables observés. Seul le médecin qui assure le suivi du patient est autorisé à modifier les doses ou à éliminer un médicament.

Si un effet indésirable ne peut être totalement éliminé, les patients peuvent être invités à tolérer les symptômes jusqu'à ce qu'ils disparaissent. Une attitude réconfortante et un soutien psychologique peuvent permettre d'éviter l'ajout d’un médicament supplémentaire à un schéma thérapeutique comportant déjà de nombreux médicaments.

Pour la prise en charge spécifique des effets indésirables les plus fréquents, se référer à l’Annexe 10.

Les médicaments adjuvants (anti-émétiques, supplément en potassium, hormone thyroïdienne, médicaments pour les troubles psychiques, etc.) doivent être fournis gratuitement aux patients.