MORPHINE à libération prolongée (LP) oral

Prescription sous contrôle médical

Action thérapeutique

– Analgésique central opioïde

Indications

– Douleurs intenses et persistantes, en particulier d'origine cancéreuse

Présentation

– Comprimés ou gélules à libération prolongée à 10 mg, 30 mg et 60 mg

Posologie

– En principe, la dose journalière efficace est déterminée lors du traitement initial par la morphine à libération immédiate (LI). Lors du passage de la forme LI à la forme LP, la dose journalière reste la même.
Par exemple, si la dose efficace de morphine LI est de 20 mg toutes les 4 heures (120 mg par jour), la dose de morphine LP est de 60 mg toutes les 12 heures (120 mg par jour).

– Si le traitement est instauré d'emblée avec la forme LP :
• Enfant de plus de 6 mois : dose initiale de 0,5 mg/kg toutes les 12 heures 
• Adulte : dose initiale de 30 mg toutes les 12 heures
Adapter la posologie si nécessaire, en augmentant la dose de 50% par jour jusqu'à ce que la douleur soit contrôlée.

– En cas d'accès douloureux paroxystiques chez un patient stabilisé par la morphine LP, administrer des interdoses de morphine LI. Une interdose correspond à 10% de la dose journalière de morphine LP. Si le patient utilise régulièrement plus de 3 interdoses par jour, augmenter la posologie journalière de morphine LP en lui ajoutant la somme des interdoses.

Durée

– Selon l'évolution clinique. Ne pas arrêter brutalement un traitement de longue durée. Diminuer progressivement les doses pour éviter un syndrome de sevrage.

Contre-indications, effets indésirables, précautions

– Ne pas administrer en cas d'insuffisance respiratoire sévère ou d’insuffisance hépatique décompensée.
– Ne pas administrer d’emblée la forme LP chez le sujet âgé ou en cas d'insuffisance rénale ou hépatique. Commencer le traitement par la forme LI.
– Peut provoquer :
• somnolence et dépression respiratoire dose-dépendante, nausées, vomissements, constipation, rétention urinaire, confusion, hypertension intracrânienne, prurit ;
• en cas de surdosage : sédation excessive, dépression respiratoire, coma.
– Traiter la dépression respiratoire par la ventilation assistée et/ou la naloxone. Surveiller le patient pendant plusieurs heures.
– Administrer avec prudence en cas d'insuffisance respiratoire, traumatisme crânien, hypertension intracrânienne, épilepsie non contrôlée, troubles urétro-prostatiques.
– Ne pas associer avec les opioïdes agonistes-antagonistes tels que la buprénorphine, nalbuphine, pentazocine (action compétitive).
– Risque de majoration de l’effet sédatif et dépresseur respiratoire en cas d'association avec l'alcool et les médicaments agissant sur le système nerveux central : benzodiazépines (diazépam, etc.), neuroleptiques (chlorpromazine, halopéridol, etc.), antihistaminiques (chlorphénamine, prométhazine), phénobarbital, etc.
– Grossesse et allaitement : pas de contre-indication. Les effets indésirables de la morphine (syndrome de sevrage, dépression respiratoire, sédation, etc.) peuvent être présents chez l’enfant lorsque la mère est traitée en fin de 3e trimestre et au cours de l’allaitement. Dans ces situations, administrer avec prudence, pour une durée brève, à la plus petite dose efficace, et surveiller l’enfant.

Remarques

– Associer un laxatif approprié (p. ex. lactulose) si le traitement antalgique se prolonge au-delà de 48 heures.
– Les gélules ne doivent pas être écrasées ni mâchées mais peuvent être ouvertes et leur contenu mélangé à des aliments.
– La morphine est inscrite sur la liste des stupéfiants : se conformer à la réglementation nationale.
– Conservation : température inférieure à 25 °C -  -